La réponse en trois lignes
Utilisez le PNG pour la transparence, le texte, les captures d'écran et les schémas. Utilisez le JPEG pour les photographies. Et dans les deux cas, servez du WebP sur le web, il fait le travail des deux avec des fichiers plus légers, et il est reconnu par près de 97 % des navigateurs.
Le tableau de décision
Le bon format dépend uniquement de ce que contient l'image, jamais d'une préférence générale.
| Votre image | Le bon format | Pourquoi |
|---|---|---|
| Photographie | JPEG, ou WebP | Des millions de nuances, où la compression avec perte est invisible à l'oeil et divise le poids |
| Logo, icône, pictogramme | SVG si possible, sinon PNG | Le SVG reste net à toutes les tailles et pèse souvent moins d'un kilooctet |
| Capture d'écran | PNG, ou WebP | Le texte doit rester lisible, or le JPEG le rend flou sur les contours |
| Schéma, graphique, diagramme | PNG ou SVG | Lignes nettes et aplats de couleur, le terrain exact du PNG |
| Image avec fond transparent | PNG ou WebP | Le JPEG ne gère pas la transparence, un fond blanc apparaîtra |
| Photo de produit détourée | WebP, sinon PNG | Il faut à la fois de la transparence et une compression efficace |
| Animation courte | Vidéo, pas un GIF | Un GIF animé pèse plusieurs fois plus qu'une vidéo équivalente, 3,7 Mo contre 551 Ko en MP4 dans l'exemple de Google |
Pourquoi un PNG pèse lourd sur une photo
Tout tient à une différence, le PNG compresse sans perte et le JPEG avec perte.
Sans perte signifie que chaque pixel d'origine est restitué exactement. Pour y parvenir tout en réduisant le fichier, le PNG cherche les répétitions : des zones de couleur identique, des motifs qui reviennent. Sur un schéma composé de quelques aplats et de lignes, il trouve énormément de répétitions et le résultat est très léger.
Sur une photographie, c'est l'inverse. Chaque pixel diffère légèrement de son voisin, il n'y a presque rien à factoriser, et le fichier reste volumineux. Une photo enregistrée en PNG pèse couramment plusieurs fois le poids du même visuel en JPEG, sans qu'aucune différence soit visible à l'écran.
La photo enregistrée en PNG
On enregistre souvent des photographies en PNG parce que « c'est le format de meilleure qualité ». C'est vrai techniquement et sans intérêt pratique, puisque la qualité supplémentaire est invisible à l'œil sur une photo, alors que le surpoids est bien réel. Pour le mesurer sur votre propre site, enregistrez une même photo dans les deux formats et comparez le poids des fichiers. Le PNG pèse couramment plusieurs fois plus lourd.
La transparence à 256 niveaux
C'est ce qui a fait le succès du format et ce qui justifie encore son usage. Le PNG gère un canal de transparence à 256 niveaux, ce qui permet des bords progressifs et des ombres portées naturelles.
Concrètement, un logo posé sur un fond coloré s'intègre proprement, sans le rectangle blanc disgracieux qu'un JPEG imposerait. Le GIF proposait déjà une transparence, mais binaire. Un pixel était visible ou ne l'était pas, ce qui produisait des contours en escalier.
Deux points de vigilance en pratique. D'abord, un fichier transparent ne s'affiche pas de la même façon selon le fond du site, donc vérifiez toujours le rendu sur fond clair et sur fond sombre. Ensuite, la transparence a un coût en poids, et une image qui n'en a pas besoin gagne à être aplatie.
Le poids réel de vos images
C'est souvent le premier poste de poids d'une page. Format adapté, dimensions réelles et compression suffisent en général à le ramener à sa juste mesure.
Je chiffre le poids réel transféré et ce que la correction ferait gagner.
Ce que changent le WebP et l'AVIF
Le WebP a été conçu pour remplacer à la fois le JPEG, le PNG et le GIF. Il propose une compression avec ou sans perte, gère la transparence et l'animation, et produit des fichiers plus légers à qualité perçue équivalente. Google, qui l'a créé, annonce des fichiers 26 % plus légers que le PNG en compression sans perte, et 25 à 34 % plus légers que le JPEG en compression avec perte.
Longtemps freiné par un support partiel, le format est aujourd'hui reconnu par près de 97 % des navigateurs selon Can I Use, Safari l'ayant pleinement intégré à partir de sa version 16. Pour un site grand public, la question du support ne se pose plus.
L'AVIF va plus loin sur les photographies, avec des fichiers généralement encore plus légers que le WebP. Il est lu par tous les navigateurs principaux depuis l'arrivée d'Edge 121 en janvier 2024, soit un peu plus de 95 % des utilisateurs, et Google Images l'indexe. Son encodage est plus lent et moins d'outils le produisent. Je recommande le WebP comme format par défaut, et l'AVIF pour les grandes photos quand votre CMS ou votre CDN sait le générer.
| Critère | PNG | JPEG | WebP |
|---|---|---|---|
| Compression | Sans perte | Avec perte | Les deux, au choix |
| Transparence | Oui, 256 niveaux | Non | Oui |
| Animation | Non | Non | Oui |
| Poids sur photo | Très élevé | Faible | Le plus faible |
| Poids sur schéma | Faible | Élevé et rendu flou | Le plus faible |
| Support navigateurs | Universel | Universel | Près de 97 % |
Servez du WebP par défaut. La plupart des systèmes de gestion de contenu et des hébergeurs proposent une conversion automatique, souvent en une case à cocher, avec repli sur le format d'origine pour les rares navigateurs anciens. Conservez les fichiers d'origine en PNG ou JPEG dans votre bibliothèque, où ils restent utiles pour la réutilisation hors du web.
L'effet sur le référencement
Ce sujet est souvent exagéré. Google ne classe pas une page mieux parce qu'elle utilise un format d'image plutôt qu'un autre. Il n'existe aucun bonus WebP.
L'effet est indirect et bien réel. Les images sont souvent le premier poste de poids d'une page. Un mauvais format dégrade le temps d'affichage, ce qui se répercute sur les Core Web Vitals et surtout sur l'expérience de vos visiteurs.
L'image principale d'une page, souvent la plus grande et la plus lourde, est fréquemment l'élément qui détermine le LCP, l'indicateur qui mesure l'affichage du plus grand contenu visible. Le format y joue directement.
Quatre réglages comptent plus que le choix du format lui-même :
- Dimensionner à la taille d'affichage réelle. Servir une image de 4 000 pixels de large affichée sur 800 est le gaspillage le plus courant, et aucun format ne le rattrape.
- Déclarer largeur et hauteur dans le code, pour éviter que la page ne saute pendant le chargement.
- Différer le chargement de tout ce qui se trouve sous le premier écran.
- Renseigner l'attribut alt, qui sert l'accessibilité et la recherche d'images.
Le détail complet est sur l'optimisation des images et le poids des images.
PNG et recherche d'images
La recherche d'images est un canal négligé qui apporte du trafic réel sur beaucoup de sites, notamment en commerce, en cuisine, en décoration et en tourisme. Le format n'y joue aucun rôle de classement, mais quatre éléments comptent.
- Le nom du fichier. Un nom descriptif vaut mieux qu'une référence d'appareil photo. Voir le nom des images.
- L'attribut alt, qui décrit le contenu réel de l'image plutôt que d'empiler des mots-clés.
- Le texte autour de l'image, qui donne son contexte et pèse davantage qu'on ne le croit.
- Un sitemap dédié aux images sur les sites qui en publient beaucoup.
La méthode que j'applique
- 1. Choisir selon le contenu, pas par habitude
Photo, JPEG. Texte, schéma ou transparence, PNG. Logo, SVG quand c'est possible. La décision prend deux secondes et conditionne tout le reste.
- 2. Redimensionner avant tout
À la taille maximale d'affichage réelle, en prévoyant le double pour les écrans à haute densité. C'est le geste le plus rentable de toute la chaîne.
- 3. Convertir en WebP pour la diffusion
Automatiquement de préférence, en conservant l'original dans la bibliothèque.
- 4. Compresser
Mon outil de compression le fait directement dans le navigateur, sans envoi de fichier sur un serveur.
- 5. Vérifier le résultat sur la page
Poids total transféré et rendu visuel. Une compression trop agressive se voit sur les aplats et les dégradés, et un visuel dégradé coûte plus cher qu'il ne rapporte.
Questions fréquentes
Sources (consultées le 30 septembre 2026)
- Can I Use, données du 30 septembre 2026 : WebP pris en charge par 96,7 % des navigateurs (Safari complet à partir de la version 16), AVIF par 95,4 % (Safari 16.4, Chrome 85, Firefox 93, Edge 121)
- Google for Developers, « An image format for the Web » (WebP) : fichiers 26 % plus légers que le PNG sans perte, 25 à 34 % plus légers que le JPEG avec perte
- Google Search Central, bonnes pratiques pour Google Images : formats indexés BMP, GIF, JPEG, PNG, WebP, SVG et AVIF
- web.dev, « Replace animated GIFs with video » : GIF de 3,7 Mo contre 551 Ko en MP4 et 341 Ko en WebM